Un des outils incontournables sous Linux est gnome-do. Ce lanceur d’applications, inspiré de Quicksilver sur Mac OSX et de Gnome Launch Box fait totalement oublier le menu Applications et les autres icônes permettant de lancer les applications. Pour l’installer sous Ubuntu, il suffit de lancer l’excellent synaptic et de spécifier gnome-do… (une méthode d’installation que toute ménagère de moins de 50 ans sous Windows envie à Linux…).
Évidemment, cet outil se base sur les applications installées dans votre environnement. Si vous utilisez la version stable de thunderbird (toujours via synaptic en trois clics), la suite de cet article n’est pas utile.
Si au contraire, vous utilisez la version bêta, il faut la télécharger directement depuis le site de mozillamessaging. Cette version se présente sous la forme d’une archive tar.bz2 à extraire où vous le souhaitez. Pour ma part, je la conserve sur une partition à part, indépendante du système (me permettant ainsi d’installer une nouvelle version de Ubuntu sans toucher à mes logiciels). Dans cette configuration, le programme thunderbird n’est pas dans le chemin de recherche des logiciels pouvant être lancés sans spécifier le chemin exact. Gnome-do ne peut donc pas le lancer lorsque l’on saisit “thunderbird”.
Tout d’abord nous allons créer un lien vers le programme thunderbird :
sudo ln -s ~/soft/thunderbird-3b2/thunderbird /usr/bin
Ainsi nous pouvons lancer thunderbird de n’importe quel endroit.
Ensuite, nous allons ajouter un lien dans le menu Applications → Internet. Pour cela, il faut passer par l’outil de configuration des menus : Système → Préférences → Menu Principal. Dans le menu Internet, on ajoute un élément thunderbird. L’icône peut être trouvée en SVG sur le site o7a.net. Pour plus de facilité dans la configuration de l’icône, on peut au préalable la copier dans l’un des répertoires d’icônes du système :
sudo cp thunderbird.svg /usr/share/icons/hicolor/scalable/apps
La configuration du nouvel élément ressemble à :
Enfin, dans gnome-do, la simple saisie des premiers caractères de thunderbird sélectionne alors la bonne application et permet de la lancer extrêmement rapidement.
Dans le même esprit, il est possible de répéter l’opération à l’infini (thème différent)…
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La ministre de la santé a présenté le 09 avril 2009 son plan de relance pour le DMP. Certains messages sont très intéressants :
- remettre le patient au cœur du dispositif et faire de cet outil un facteur d’amélioration de la coordination des soins et ne plus systématiquement mettre en exergue les économies qu’il pourrait amener ;
- déployer une version minimale et capitaliser pour apporter de nouveaux services au fil du temps. Cette démarche proposée par le CNOM dans son livre blanc en 2008 est largement employée dans ce type de projets et fonctionnent parfaitement (un seul regard du côté de google suffira pour s’en convaincre) ;
- avoir un pilotage unique pour canaliser les énergies et assurer une gouvernance ;
- écouter tous les acteurs (professionnels et patients) par le biais d’une concertation publique.
Mais…
Alors que le plan de relance présente de nombreux points cohérents, pourquoi annoncer la date de 2010 (3ème trimestre) pour son démarrage ?
C’est une nouvelle fois un délai très court pour ce type de projet. Le risque de retomber dans les précédents annonces politiques qui ont toutes connu l’échec (comme le souligne les échos) est donc très présent.
18 mois est déjà en soi un délai court pour un projet de cette envergure, même s’il ne part pas d’une feuille blanche. Cependant, le DMP repose sur plusieurs piliers dont les contours sont encore flous :
- il est piloté par l’ASIP (Agence des Systèmes d’Information de santé Partagés) : mais l’ASIP n’existe pas encore de façon officielle. Ce regroupement du GIP DMP, du GIP DMP et d’une partie du GMSIH doit être entériné par le vote du projet de loi HPST (”Hôpital, santé, patients, territoires”). Or ce projet suscite de nombreuses critiques. Déjà en grève le 10 avril, les médecins et non médecins des hôpitaux parisiens (AP-HP) ont lancé un autre préavis pour le 28 avril. Ainsi comment considérer un pilotage qui doit être efficace au plus tôt, vu les délais, dans ces conditions ?
- les projets territoriaux, qui doivent être relancés, seront pilotés par les ARS (Agence Régionales de Santé). Seulement les ARS, ne sont pas encore en place. Elles n’ont encore pas remplacées les ARH, toujours en vigueur. Même si le mouvement se précise, puisque la ministre a inauguré celle de Bourgogne le 06 avril, elles ne sont pas encore toutes opérationnelles. Pire, le gouvernement souhaite les mettre en place d‘ici 2010 !
- Le DMP se basera sur l’INS (Identifiant National de Santé) qui doit être en vigueur au plus tôt en 2010. Voici un autre sujet sensible. L’INS, le numéro commun au DMP mais aussi aux logiciels des médecins libéraux et des hôpitaux et cliniques est la pierre angulaire du dispositif. En effet, toutes les données médicales du patient y seront rattachées. Ce projet peine depuis des années à voir le jour. Deux moyens sont envisagés pour sa diffusion : la carte vitale ou des téléservices. Dans les deux cas, le GIP DMP a estimé que plusieurs années (plus de 3 ans) seront nécessaires pour qu’il soit effectif (évolutions des cartes, des SIH, des logiciels, etc). Et même s’il arrivait à l’heure, cela ne laissera que quelques mois pour le mettre en œuvre chez les différents protagonistes, ce qui ne paraît pas très crédible.
- Le DMP devra communiquer avec les établissements de santé. Le patient pourra même ouvrir son DMP depuis l’hôpital. Or les hôpitaux ne sont pas prêts. Si certains sont déjà connectés à une plateforme régionale, comme en Rhône- Alpes, tous ne le sont pas. La mise en place du DMP demandera des aménagements des SIH qui ne pourront pas forcement être au rendez-vous dans 18 mois, notamment si l’on considère les inconnus qui persistent : gestion de l’INS, cadre d’interopérabilité à venir, gestion organisationnel des processus…
Ainsi, si la feuille de route de cette relance semble avoir du sens, on peut se demander comment sa mise en œuvre évitera les écueils des précédentes. Comment tenir les délais compte tenu du nombre de postulats qui ne sont encore que des orientations ou des structures à concrétiser ?
Alors que ce jeudi 9 avril, la ministre devrait enfin donner des nouvelles de notre DMP national, les dossiers de santé communicants continuent leur avancée. Le 30 mars, Missy Krasner, en charge du marketing de Google Health annonçait une collaboration entre Google et Medicare dans les états d’Arizona et d’Utah. Certes Medicare ne s’occupe que d’une partie de la population (les séniors répondant à certains critères sociaux) et Google est parmi les quatre prétendants à fournir une plate-forme (HealthTrio, NoMoreClipboard et PassportMD). Mais le défi présente d’ores et déjà des volumes significatifs : une population dépassant potentiellement le million de personnes et susceptible de partager ses données entre les différents professionnels de santé. Cette expérience, qui fait partie des projets portés par le gouvernement américain pour moderniser son système de santé, doit durer un an. Le coût de 2,5 millions de dollars n’effraie pas les responsables de l’opération :
« The purpose is not to save money but to improve quality of health », dixit Kerry Weems
Une affirmation qui se démarque fortement des axes stratégiques français du moment…
En France, à part les plates-formes de télésanté, seuls le dossier pharmaceutique et les dossiers de spécialité (comme le dossier communiquant de cancérologie) font timidement parler d’eux.
Les démarches régionales pilotées par les ARH se focalisent sur les plates-formes de télésanté qui s’articulent principalement autour d’une messagerie sécurisée pour communiquer des informations médicales à propos des patients. Il s’agit d’une communication entre pairs qui ne facilitent que très peu le partage de l’information entre de multiples collègues. Pour y parvenir, il faut alors motiver une demande de dossier patient partagé. Prenons par exemple, le cas des Pays de la Loire :

La démarche n’est pas immédiate, le patient n’est pas acteur de ses données et le dossier reste une fois de plus dédié à une pathologie déterminée. Qu’en est il d’un patient lambda au milieu d’un généraliste et de plusieurs spécialistes mais ne présentant pas une pathologie candidate aux réseaux de soins existants ? Ou du patient, qui comble de malchance, fait partie de deux réseaux distincts ? Ses informations sont alors cloisonnées.
Nous sommes bien face à deux paradigmes.
Dans ce type d’échanges, deux professionnels de santé sont en relation. Si un troisième entre dans la discussion, l’un des correspondant peut être oublié ou les données se retrouvent dupliquées un peu partout. On retombe dans les problèmes classiques de la messagerie.
Avec une plate-forme centrée sur le patient, tous les professionnels peuvent contribuer à l’enrichissement des données. Les données suivent le patient et ne restent pas liées à un professionnel de santé en particulier. Les données sont cohérentes et complètes en même temps.Si le modèle français est centré sur le professionnel de santé - le médecin émetteur d’informations ou consommateur des données d’un confrère - la volonté du gouvernement fédéral américain est bien de mettre le patient au centre du dispositif. La messagerie sécurisée répond certes à un besoin, mais suivons l’exemple du pragmatisme outre-atlantique pour que les outils à disposition du citoyen devenu patient prennent toute leur puissance.
La renaissance (?) du DMP jeudi 09 permettra peut-être d’envisager une nouvelle ère numérique pour le patient !



